Les statistiques le confirment : en Asie, un médicament banal chez nous peut devenir une affaire d’État. La réglementation pharmaceutique y prend parfois des allures d’arsenal et laisse peu de place à l’argument médical. Une ordonnance venue d’Europe ne pèse rien face à la rigueur de certains contrôles douaniers. Résultat : sanctions lourdes, détention, et peu d’écoute pour les explications du voyageur pris au dépourvu.
Les visiteurs, eux, se retrouvent souvent au cœur d’un ballet d’arnaques bien rodées. Dans les quartiers touristiques, certains pièges semblent attendre les étrangers au tournant, parfois avec la complicité de figures locales. Les recours sont limités : les dispositifs de protection du consommateur, familiers en Europe, s’effacent derrière des réalités juridiques et administratives très différentes. Lorsqu’un litige éclate, le touriste doit parfois se résoudre à tourner la page sans obtenir réparation.
Voyager en Asie : idées reçues et réalités sur la sécurité
L’image d’un continent apaisé se brouille dès qu’on sort du cadre classique. Ce qui rassure dans une capitale peut dérouter à quelques kilomètres seulement. À Tokyo ou Séoul, la discipline impressionne. Mais ailleurs, le manque de repères familiers peut désarçonner. Voyager en Asie demande d’ajuster sa vigilance, même là où l’accueil semble chaleureux et les faubourgs animés.
Voici quelques situations à connaître pour éviter les mauvaises surprises :
- En Thaïlande, certains quartiers de Bangkok ou de Phuket, loin des circuits touristiques, peuvent se révéler imprévisibles. Les voyageurs expérimentés recommandent d’éviter certaines rues animées après la nuit tombée.
- Au Vietnam et en Chine, la sécurité et la santé se confrontent à la pollution, à une circulation souvent imprévisible et à des disparités dans le système de soins.
- En Asie du Sud, les zones frontalières restent parfois le théâtre de tensions persistantes. L’hospitalité y côtoie la prudence au quotidien.
Les grandes villes touristiques, telles que Bangkok, Hanoi ou Shanghai, restent exposées aux escroqueries et aux délits mineurs. Les moins habitués tombent parfois dans les filets de rabatteurs bien organisés. En cas de problème, le traitement réservé aux étrangers diffère souvent de celui accordé aux habitants. Les autorités locales privilégient rarement l’étranger lors d’une altercation.
Sur le plan sanitaire, la prudence s’impose aussi. Si le Japon rassure avec ses infrastructures, la Chine ou le Vietnam, par exemple, exposent à des risques infectieux ou à des hôpitaux aux standards variables. Mieux vaut se renseigner en profondeur sur la réalité locale avant de choisir sa destination, pour éviter les désillusions.
Quels sont les vrais pièges à éviter en Thaïlande et ailleurs ?
La Thaïlande séduit par ses plages et son ambiance exotique, mais le revers du décor réserve son lot de mésaventures. Dès l’arrivée à Bangkok, Phuket ou Pattaya, les faux taxis et tuk-tuks guettent les nouveaux venus. Les excursions à prix cassés, promises par des rabatteurs, masquent parfois des attrapes-nigauds bien orchestrés.
Dans le sud, mieux vaut éviter les provinces de Pattani, Yala, Narathiwat et Songkhla, où la situation reste tendue. Les voyageurs avertis préfèrent contourner ces zones. Les routes reculées du Cambodge, du Laos ou du Myanmar peuvent elles aussi surprendre : barrages improvisés, contrôles aléatoires, démarches administratives nébuleuses. Un détour non anticipé peut vite tourner à l’impasse.
Côté santé, la vigilance reste de mise. En Asie du Sud-Est, la menace des moustiques n’a rien d’anecdotique. Virus Zika, dengue, encéphalite japonaise ou rage circulent, surtout hors des grandes villes. Les marchés de rue attirent les curieux, mais un plat mal cuit ou une eau non sûre suffit à gâcher le séjour.
Les vols à l’arraché et agressions ciblent surtout les voyageurs isolés, notamment à Koh Samui ou dans certains quartiers de Phnom Penh. Restez discret, évitez d’afficher objets de valeur et privilégiez les itinéraires connus pour limiter les risques.
Conseils pratiques pour rester serein et profiter pleinement de son séjour
Pour voyager en Asie sans mauvaise surprise, chaque étape du départ demande préparation et discernement. Avant de partir, il est judicieux de consulter les avis du ministère des affaires étrangères sur la situation sécuritaire du pays visé. Ceux qui partent régulièrement surveillent les mises à jour concernant la Thaïlande, le Vietnam ou le Cambodge pour ne rien laisser au hasard.
Côté santé, la prévention reste la meilleure alliée. Un carnet de vaccination à jour, une protection contre l’encéphalite japonaise pour un séjour rural, une assurance couvrant frais médicaux et rapatriement… Ces précautions font la différence. Ne buvez que de l’eau en bouteille scellée, refusez glaçons et crudités, même dans les restaurants fréquentés. En Asie du Sud-Est, l’imprudence peut vite se payer par une fièvre ou un virus importun.
Pour le budget, anticipez vos dépenses et répartissez argent liquide et cartes bancaires dans différents sacs. La période du voyage compte aussi : la saison des pluies rend les routes difficiles, la saison sèche attire les foules mais facilite les déplacements.
Ces quelques réflexes pratiques rendent le séjour plus sûr :
- Gardez toujours une copie de vos papiers d’identité et de votre attestation d’assurance sur vous
- Notez les coordonnées de l’ambassade de France ou du Canada
- Prévenez un proche de votre parcours et de la durée de votre séjour
En restant attentif et en adaptant vos comportements au contexte local, vous pourrez profiter au mieux de votre voyage en Asie, sans mauvaises surprises.
Petites erreurs courantes des voyageurs : comment les anticiper facilement
L’enthousiasme efface parfois les précautions élémentaires. Par exemple, le port du casque à moto n’est pas une option mais une nécessité, surtout au Vietnam, en Thaïlande ou au Cambodge. Les contrôles sont fréquents, les accidents nombreux. Ce simple réflexe peut sauver des vies et éviter bien des complications.
Respecter les codes vestimentaires reste également fondamental. Lors de la visite d’une pagode ou d’un temple, privilégiez des habits amples, couvrez épaules et genoux. Le non-respect de ces règles entraîne parfois exclusion ou réprimande. Les sensibilités religieuses diffèrent : bouddhisme en Thaïlande, hindouisme à Bali, islam à Brunei. La figure royale thaïlandaise, sacrée, impose une retenue de chaque instant. Toute parole mal placée ou geste déplacé peut avoir des conséquences.
La santé, souvent reléguée au second plan, mérite une attention constante. Certains voyageurs omettent le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, alors que ces maladies persistent par foyers au Vietnam, en Birmanie ou au Laos. Les femmes voyageant seules doivent redoubler de prudence dans certaines zones, notamment à la nuit tombée.
Voici quelques conseils simples pour limiter les faux pas :
- Informez-vous sur les coutumes du pays avant de partir
- Ne surestimez pas votre aisance : privilégiez la politesse et la retenue
- En altitude, prévoyez une phase d’adaptation pour éviter le mal des montagnes
En adoptant les bons réflexes et en respectant les codes locaux, le voyageur s’ouvre à une Asie authentique, loin des clichés et des désagréments évitables. Les meilleures découvertes naissent souvent de cette attention aux détails et de la capacité à s’adapter, jour après jour.


